CACHEMIRE « L INTERVIEW CHOC! »


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J’ai eu un vrai coup de cœur pour ce groupe qui nous vient tout droit de Nantes, des textes actuels, sur des sujets de société, une belle écriture appuyée par une musique qui sonne comme Téléphone. Le rock français est mort pour certains mais heureusement pas pour tous. Leur passage à Paris samedi dernier au Bus Palladium était une occasion pour en apprendre plus sur CACHEMIRE.

La balance vient juste de se terminer, la check liste du set est validée, j’en profite pour échanger avec le chanteur Freddy.

Bonjour Freddy,

Salut,

2012, l’année où tout commence pour CACHEMIRE. Comment est né ce projet ?

A la base, on avait un ancien groupe avec le bassiste (Seb), on s’essoufflait un peu, on avait envie de donner un coup d’accélérateur. On est tombé dans une période où le batteur et le guitariste nous quittaient. On s’est dit, on fait table rase et on recommence tout. On a retrouvé des potes d’enfance avec les mêmes influences et le même état d’esprit pour tracer la route ensemble.On voulait vraiment que ça soit une histoire de famille et pas passer une annonce pour trouver des musiciens.

Dans quel univers musical avez-vous baigné durant votre adolescence ?

En ce qui me concerne, j’ai commencé à 7 ans à écouter les premiers vinyles de Téléphone. Et puis, j’y suis resté (rire). J’ai écouté aussi des groupes anglo-saxons, c’est le passage obligé quand on fait du rock. J’ai jamais trouvé en France un autre groupe de rock comme Téléphone avec ce son (je veux dire du rock chanté en français), parce que sinon en France il y a des très bons groupes mais ils chantent en anglais.

Seb, lui, a beaucoup baigné dans AC/DC, Steph (le guitariste) est dans le même esprit et Farid, notre batteur recherche davantage la technique que le style musical en soi.

250x250-000000-80-0-0Déjà un Ep et un album, avec des titres ENORMES comme photochope-moi. C’est quoi l’inspiration de ce titre ?

A la base, mon boulot c’est graphiste, je travaillais pour le groupe Eram. On faisait du catalogue et du photoshop toute la journée pour remaquiller les mannequins et en fait ça vient de là. Quand on prend une paire de pieds, une paire de hanches ou de seins et que l’on recolle pour faire l’objet fabuleux et fantastique qui n’existe pas, l’inspiration vient de là pour la chanson.

Et le Banana Split de Lio, quand j’étais môme ça cartonnait sur les radios. Pourquoi avoir adapté cette chanson plutôt qu’une autre ?

En France, il y a beaucoup plus d’artistes rock ou rock’n’roll que l’on croit. Lio en fait partie, parce que chanter à 17 ans un titre aussi érotique voir même pornographique, c’est ultra rock’n’roll à mon sens. Plutôt que de reprendre du Téléphone ou du Noir Désir, c’est plutôt aller chercher des artistes qui sont rock’n’roll. Bashung était rock’n’roll alors que son style musical pouvait davantage s’apparenter à la pop ou à la variété. Higelin est rock’n’roll, vous le voyez en live, même des groupes de rock anglo-saxons n’osent pas parler comme ça à leur public. Il a une façon d’être, rentre dedans, très rock’n’roll. Gainsbourd et même Coluche dans un autre style étaient très rock’n’roll. Aujourd’hui quand on dit rock’n’roll, on pense Johnny Hallyday. J’ai rien contre lui, c’est un artiste respectable mais il a fait un style rock’n’roll mais lui ne l’est pas comme moi je le conçois. Et Lio avait ce côté dévergondé, provocateur.

C’est compliqué le rock en français alors pourquoi ce choix ?

Déjà, j’ai un accent anglais déplorable et en plus, j’ai jamais été fan de l’école et les cours d’anglais je les séchais un peu (rire). Naturellement j’avais besoin de comprendre les paroles alors le chant en français était une évidence.

Comment peut-on définir CACHEMIRE ?

Le nouveau Téléphone, c’est trop prétentieux (rire)….Le nom c’est pour rendre hommage à Led Zepplin. C’est un retour seventies avec un challenge pour chanter en français et délivrer des messages actuels.Très souvent ça frôle avec l’érotisme et je pense que ça fait partie de l’actualité.

Jusqu’où seriez-vous prêts à aller par provocation sur scène ?

Être rock’n’roll sur scène, je suis prêt à tout. S’il faut agresser le public je sais faire, parfois trop, d’après notre manager.

La musique est devenue une véritable gestion et demande beaucoup de compétences différentes pour faire évoluer les projets. Avez-vous des structures pour vous aider dans vos démarches, label, attaché de presse etc … ?

On a des très bons potes qui font des très bons métiers. François qui est photographe et cameraman, nous aide quand on a besoin d’images. On a un autre pote qui est ingé son, c’est aussi son taf. D’ailleurs avec David, on a créé une société de production. Moi, je suis graphiste, je gère aussi la com papier et le web. Toutes les compétences que l’on a, en dehors de la musique, nous servent à tout ça. On a l’éditeur « Première Music » qui a signé l’album et comme distributeur Naîve. Le label Big Beat Records est avec nous. On a lâché la com aux attachés de presse, ça c’est très récent. Ce qui nous manque cruellement aujourd’hui, c’est d’avoir un tourneur. Si j’ai un message à faire passer c’est vraiment de trouver un bon tourneur !!!

J’avais rencontré les Elmer food Beat l’année dernière, ils me disaient que la scène musicale à Nantes bougeait à fond. Quelle est votre vision sur la scène rock française aujourd’hui ?

Nantes est une ville très culturelle mais faire du rock chanté en français reste une tache assez complexe dans le monde musical actuel. D’ailleurs on a fait une chanson qui s’appelle Hasbeen. Aujourd’hui, dire que nos influences c’est Téléphone, on passe pour des cons. On a eu beaucoup de critiques lors de la sortie de notre album et notamment une critique négative d’une bonne maison de disque : « votre album et votre univers en français, soit vous êtes trop tôt ou soit vous êtes trop tard ». Mais le son brut rock’n’roll ça va revenir.

Nous sommes début 2015, quels sont les projets pour vous sur cette année ?

Jouer, jouer et rejouer. Et en septembre on va sortir un nouveau clip mais le choix n’est pas encore tranché, soit les poupées russes ou lettre du 02/04 qui est une adaptation de la lettre d’excuse de Jérôme Cahuzac. Ça m’a fait marrer. J’ai repris 95 % de ses phrases et j’ai juste réadapté quelques mots pour que ça rentre avec un nombre de syllabes précis. J’aimerais vraiment la faire chanter aux hommes politiques pendant 1 semaine sur Paris. Il ne manquerait plus que Cahuzac nous attaque pour avoir détourné sa lettre, ça serait génial, ça me ferait marrer. Le gars a 600 000 euros en Suisse et il viendrait attaquer un groupe de musique inconnu (rire).

Vous ne resteriez pas longtemps inconnus…

Oui voilà(rire) ! On serait complètement ruiné mais au moins on aurait fait le buzz.

Merci en tout cas pour ta bonne humeur et ton honnêteté. Je vous souhaite un bon concert et bonne continuation pour la suite.

Merci à toi

interview réalisée : Yann Chesneau

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