FERGESSEN, UN DUO FUSIONNEL


11121948_10206438103890333_1638485542_nBonjour à tous deux,

Bonjour, Yann !

Ce soir, on se retrouve pour votre concert à Paris, dans une salle récemment rénovée, qui vient de rouvrir il y a à peine cinq mois, « Les Etoiles ». Je vous propose de repartir de notre dernière rencontre, à l’Alhambra, en avril 2013. Vous jouiez en première partie de Jehro et vous prépariez la sortie de « Far Est ».

Comment avez-vous vécu la sortie de l’album « Far Est », en octobre 2013 ?

Michaëla :

En fait, c’est simple… C’était super intense ! On a mis toute l’énergie dont on disposait à ce moment-là autour de ce projet. Avec notre petite équipe de partenaires, nous avions des moyens modestes, et on a fait du mieux qu’on a pu, en tâchant d’être inventifs et débrouillards. On s’en est plutôt pas mal sorti. Toute l’année a été particulièrement intense, parce qu’on a tout géré, de l’écriture à l’enregistrement puis la conception de l’album, en passant par les concerts, la promo, et jusqu’à la distribution. Sur ce point-là, on s’est retroussé les manches, et on s’est battu pour que le disque puisse être distribué non seulement numériquement, mais aussi physiquement en bacs, grâce au soutien de l’enseigne Cultura. Julien Cuny et Mathias Clavelin, d’INDIE STUDIO, se sont aussi énormément investis à nos côtés, et nous avons réussi à produire ensemble quatre clips, qui étaient prêts pour la sortie de l’album.

David :

Concernant l’ordre de sortie des clips, on ne s’était pas mis en tête un plan promo ordinaire basé sur un « single ». On a suivi notre instinct, notre inspiration, et du coup on a commencé par le morceau Far Est, qu’on voyait comme une sorte de prélude : une présentation de l’album, tranquille, inattendue, un peu différente.

Michaëla :

Ensuite, on a fait beaucoup de promo sur les médias régionaux qui nous ont énormément soutenus. On a pris énormément de plaisir à parler de cet album, de notre démarche indépendante et du fait que notre public ait participé à sa production. Et entre fin 2013 et fin 2014, on a donné plus de 80 concerts et une vingtaine de showcases dans toute la France, de la Lorraine à la Bretagne, en passant par Lyon, Valence, Paris…

Quels ont été vos plus beaux souvenirs live, depuis 2013 ?

Michaëla :

Le plus beau d’entre tous, c’est évidemment le concert à La Souris Verte, en décembre 2014. On a joué à guichet fermé. Mais dans les mois qui ont précédé, on a déjà connu pas mal de moments forts, dont les premières parties de Yodélice, à deux reprises, et celle de Daran, en novembre 2013, à Gérardmer. Ca reste l’un de nos plus beaux souvenirs de scène, parce qu’on est fans de Daran. C’était une immense fierté pour nous, d’autant plus qu’il avait donné son aval pour qu’on ouvre la soirée. C’était un moment très émouvant… Un super souvenir, avec un public incroyable. CharlElie Couture nous avait également choisis pour que nous fassions sa première partie à la Souris Verte, déjà elle, en avril 2014. C’était le concert d’inauguration de cette salle, donc on l’a baptisée, en quelque sorte. Ca nous a probablement porté chance pour la suite…

Décembre 2014, concert en tête d’affiche à la Souris Verte, à Epinal, un moment important ?

Michaëla :

C’est peu dire ! Ce projet-là nous a occupés pendant plusieurs mois. L’idée a germé dans nos têtes, dès avril 2014. Début mai, on a fait une première résidence à la Nef, à Saint-Dié-des-Vosges, au cours de laquelle on a monté un spectacle abouti et assez ambitieux : création lumière par Thomas Jedwab-Wroclawski, formule trio avec Julien Rousset à la batterie, plus illustrations en direct de Julien Cuny. Julien travaille de mèche avec l’éclairagiste, et projette des tableaux qu’il met en mouvement par un procédé complètement artisanal et organique. On a abouti à un spectacle surprenant, auquel nous croyions beaucoup. Du coup, au sortir de la résidence, nous avons repris contact avec La souris Verte, la SMAC des Vosges, dont on venait d’inaugurer la scène, et l’idée d’une date en tête d’affiche a été amenée sur le tapis. Il a fallu convaincre. Mais au final, le programmateur nous a fait confiance, et nous a donné le feu vert. Nous avons énormément travaillé là-dessus, mais au final, nous avons réussi à réunir une grande partie de notre public ce soir-là : 550 personnes sont venues, de très loin pour certaines (Paris, Lyon, Bordeaux…), et nous avons eu le bonheur d’afficher complet. Un vrai défi, relevé, et une première fois inoubliable pour nous.

Ce soir-là, on a enregistré un live. Cette idée-là est venue de l’envie et du besoin de récupérer nos droits sur notre premier album, « Les accords tacites ». Aujourd’hui, il appartient encore à la maison de disque qui l’a produit en 2011, mais qui a été liquidée depuis. Or, les bandes leur appartiennent toujours. Cet album, nous, on ne l’a même pas. Quand les gens l’achètent, l’argent ne nous revient pas. D’ailleurs, on ne sait pas où il va… A force que l’on nous demande où on l’on pouvait trouver cet album, on s’est dit que la seule façon de pallier le problème était de réenregistrer les titres en live. Du coup, challenge en plus : enregistrer et filmer le concert.

Le résultat sortira sous forme de DVD à la rentrée prochaine, dans un premier temps. Il y avait une ambiance de folie ! Nous étions morts de fatigue, mais on a donné tout ce qu’on avait, et le public nous l’a rendu avec une chaleur hallucinante. On n’avait jamais vécu une telle ferveur. Donc on est hyper heureux d’en avoir des images.

Et pas de sortie d’album live prévue ?

David :

Si, en parallèle. On espère pouvoir réussir à produire à la fois le DVD live et l’album live, mais tout dépend du budget dont on disposera au final. Pour l’instant, on travaille encore sur le montage.

Début 2015, une expérience à part, je veux parler de The Voice…. C’était un pari fort de se présenter en duo à cette émission. Comment est arrivée cette histoire ?

Michaëla :

Ce n’est pas quelque chose que l’on avait prévu de faire, à l’origine. Nous chantons essentiellement nos propres chansons, et on se développe sur la scène indépendante depuis plusieurs années. Ce qu’on propose ne se limite pas à nos voix. Donc, a priori, on n’avait rien à faire dans un concours de chant. Mais une personne de l’équipe de casting de l’émission nous a repérés. Il a découvert notre travail sur le net et nous a contactés par e-mail. Il avait été intrigué par notre univers, notre son de voix, notre tandem. Il était bienveillant, et trouvait intéressant, dans les deux sens, d’amener, peut-être, des gens comme nous sur TF1. Il a su nous convaincre. Nous n’avions jamais passé de casting ensemble. Ca a piqué notre curiosité. Alors, on est allés auditionner sur Paris, et à notre grande surprise, on a obtenu un « OUI » massif. Ensuite, on s’est retrouvés embarqués dans l’aventure…

Quelle impression a-t-on, quand on joue sur un plateau télé aussi gigantesque ?

David :

C’est très impressionnant. Toute notre expérience, y compris de la scène, tout ce que l’on a vécu auparavant, ne nous a servi à rien parce que les conditions sont totalement différentes de ce qu’on connaît d’habitude. On arrive dans le silence, on ne voit pas le public… En revanche, notre « mental » commun nous a permis de tenir, de rester concentrés jusqu’au bout et de ne rien lâcher.


Michaëla :

On a vécu quelque chose d’extraordinaire, un moment assez « inouï ». Il avait fallu retravailler cette chanson, la reprise d’Eleanor Rigby des Beatles, et la racourcir pour qu’elle tienne sur 2 minutes, la durée imposée pour toutes les prestations par souci d’égalité. Ca nous a un peu déstabilisés, car on joue cette chanson sur scène, dans sa version longue, depuis 10 ans. Du coup, on était très concentrés, car on avait peur de se planter dans la structure et de reprendre nos vieux automatismes.

11124755_10206438104370345_1291824667_nEst-ce que la présence des coachs ajoute une pression ?

David :

Oui, complètement. La seule chose que tu vois quand tu es à notre place, ce sont les 4 fauteuils. Ils sont très haut, c’est comme un mur. Le public, tu ne le vois pas du tout. Il est plongé dans le noir. Impossible de se raccrocher au moindre regard. A la fin de la chanson, on s’apprêtait mentalement à sortir dignement, et puis Zazie s’est retournée à la dernière seconde.

Michaëla :

Nous n’avons aucun regret ! Nous ne partions pas dans l’idée de gagner la compétition, mais d’essayer de proposer quelque chose de chouette, et de nous faire plaisir, dans des conditions exceptionnelles. Le but était aussi, avant tout, d’être découverts par un plus large public. L’influence sur les réseaux sociaux, la curiosité des gens, ont fonctionné immédiatement. Les gens sont allés voir tout de suite ce que l’on faisait en dehors, et nous avons reçu d’énormes vagues de messages extrêmement touchants. Beaucoup de gens s’excusaient presque de nous découvrir si tard. D’ailleurs, ce soir, il y a pas mal de personnes qui sont là et qui nous ont découverts à travers l’émission. Donc c’est cool ! Mission accomplie.

Quels sont vos projets pour 2016 ?

Michaëla :

On travaille sur un nouvel album qui est déjà en cours d’écriture.

David :

Musicalement, on a envie d’appuyer encore un peu plus le côté « transe », « hypnotique », dans les futures compositions. On a vraiment envie d’aller plus profondément là-dedans. Bien sûr, ça sera toujours un format de chansons, car ce qu’on aime avant tout, c’est faire des chansons. L’album devrait rester axé sur nos deux voix, avec des « beats » très prononcés et beaucoup d’ambiances. En dehors de ça, on ne sait pas trop. On a envie de renforcer encore le côté tribal. Il devrait également y avoir quelques collaborations sur l’album, notamment avec d’autres auteurs.

Si Daran se propose …..

Michaëla :

Il est le bienvenu, c’est clair ! Au même titre que Pierre Yves Lebert, son auteur principal.

Merci mille fois d’avoir répondu à Mamusicale. Dans 30 minutes vous montez sur scène, je vous laisse et bon concert.

Michaëla & David :
Super ! Merci, Yann .

Retrouvez tout le travail photographique du collectif ArtEos sur leur blog ici.

Interview réalisée par Yann Chesneau 

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