MAÏA VIDAL « Une jeune artiste envoûtante »


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crédit photo : Roberto Silva Ortiz Lores

Tu es d’origines diverses par tes parents, quel genre de musique écoutais-tu étant enfant ?

Mon père est un grand fan de musique et surtout de musique « world », il me faisait écouter du flamenco, de la chanson à texte, du raï, du rap. La musique était présente tout le temps.

Comment es-tu arrivée à la musique ?

J’ai toujours chanté depuis toute petite, on le voit d’ailleurs sur les vidéos de moi enfant. J’ai très tôt voulu jouer du violon, comme le faisait ma mère et sa famille. J’ai donc commencé à jouer du violon classique de 7 ans jusqu’à 18 ans. A mon adolescence, j’ai monté un groupe punk. J’allais en cours la semaine et je faisais des concerts le week-end. Nous étions un groupe de 3 filles, je chantais, je jouais de la basse et j’écrivais les chansons et c’est à ce moment-là que j’ai fait mes premières compositions. J’ai arrêté le groupe au bout de 3 ans et j’ai bifurqué vers des études d’arts plastiques et 3 ans après j’ai fait une pause et c’est à ce moment-là que j’ai découvert d’autres styles de musique que le punk.

Où pioches-tu ton inspiration ?

Je trouve que chaque album est une expérience et un monde à part, je suis une personne différente à chaque album, où j’utilise à chaque fois un système différent pour m’inspirer. Pour mon 1er album j’avais fini mes études, j’habitais seule à Barcelone, et j’ai commencé à écrire dans ma chambre, c’était comme une phobie, j’avais 21 ans, je racontais les bêtises que je faisais. Mon 2ème album est plutôt inspiré de la tournée de mon 1er album, c’était les voyages, et tous les changements de ma vie. Et mon 3ème album a été fait de manière encore différente. Je me suis décidée à écrire tous les jours sans réfléchir. Je ne voulais pas m’auto censurer et je laissais venir la créativité sans penser. Et lorsqu’il y avait une inspiration, partir avec celle-là. Je trouve les compositions plus intéressantes lorsqu’elles ne partent de rien plutôt que de les travailler encore et encore. Pour ce 3ème album je me suis mise dans un état complètement zen pour être ouverte à l’inspiration.

Comment définirais-tu ton style musical ?

Je viens de créer un genre (rires), que l’on peut appeler éclecto pop. C’est éclectique à mort et j’ai beaucoup voyagé entre le folk, la chanson, des trucs baroques, des moments super électro, et des moments pop.

Tu as remis au goût du jour l’accordéon et le xylophone entre autres, était-ce une volonté de ta part ou était-ce pour te différencier des autres ?

Après avoir composé, joué de la guitare et de la basse avec mon groupe punk, j’avais du mal à sortir de ce monde. J’avais un accordéon chez mes parents et j’ai tenté avec cet instrument. Mon histoire est toujours un jeu de contradiction, même dans mes chansons, je cherche des contrastes assez larges. Avec mon 3ème album j’ai essayé de marier la partie douce et mélodique de mes 1ers albums avec l’électro moderne. J’ai aussi utilisé la harpe, en intégrant des parties célestes et j’ai rajouté aussi des beats et des parties très électro en essayant de mixer tous ces mondes. J’aime beaucoup les nuances.

Tu as coproduit de ton 1er album et tu es très investie dans la partie visuelle, est-ce important pour toi d’être sur tous les fronts ?

Il est très difficile pour moi de différencier les 2. C’est le mariage de mes 2 arts préférés, le visuel et la musique.

Tu as joué dans beaucoup de pays, quel est le public qui t’a le plus marquée ?

Cela fait un an maintenant que je n’ai pas joué en concert car j’étais sur la préparation de mon 3ème album et la partie live est tout aussi essentielle pour moi. Je ne peux pas juste créer dans mon coin. Pour répondre à la question, je dirais en Slovaquie au festival Pohoda car avant le concert on était très stressés, l’organisation n’était pas au top et finalement c’était un de mes concerts préférés. Il y avait pas mal de nouvelles chansons et on voulait les faire découvrir au public, et le retour a été magnifique.

MaiaVidal_TheTideEp_cover_loresTon 2ème album est sorti en 2013 et ton 3ème album est prévu pour septembre 2015, pourquoi avoir sorti un EP entre les deux, tu avais peur que tes fans t’oublient ?

Si ça ne tenait qu’à moi, j’aurais sorti le 3ème album à l’automne dernier. J’ai toujours peur de me fatiguer des chansons que je compose. Pendant la tournée de mon 1er album, j’étais déjà en train d’écrire le 2ème. Je change tellement vite que j’ai peur de ne plus me reconnaître dans un album.
Mais ma maison de disque voulait faire une pause entre le 2ème et le 3ème album. Ils ont proposé de faire un EP et au final je suis contente de cet EP. C’est un peu un avant-gout du prochain album. Et je me rends compte que cette pause était réellement nécessaire car maintenant j’ai l’énergie pour ces nouvelles chansons.

Pour revenir à ton 1er album, je voudrais que tu nous expliques le choix du titre « God is my bike »

C’est une chanson que j’ai écrite quand j’étais à Barcelone. J’étais à vélo la nuit et j’ai eu une sensation euphorique où je me sentais unie avec l’univers. On a volé mon vélo depuis, et je me suis rendu compte que je n’avais plus jamais retrouvé cette sensation très particulière. Et la chanson « God is my bike » décrit un peu cette sensation.

Comment te vois-tu dans quelques années ?

La musique est réellement mon existence, et je voudrais aussi faire plus de vidéos. Je parlais avec quelqu’un récemment qui me disait, tu as besoin de la musique, dans le sens où c’est vital. Et pour moi le live est une sorte de thérapie, ça montre qui je suis, ça m’aide à être la personne que je veux être. C’est vraiment un processus psychologique et émotionnel et je sais maintenant que la musique c’est réellement ma vie.

Quel est ton endroit préféré pour te ressourcer ?

C’est sur une petite île sur un lac au Canada. Mes grands-parents ont acheté dans les années 70 une petite île où il y a une petite cabane, et j’y vais souvent. On est complètement coupé du monde, sans internet ni téléphone. Même si j’adore vivre dans les grands villes je vais là-bas tous les étés. C’est un endroit absolument magique.

Tu vis entre Paris, New-York et Barcelone, quelle est la chose que tu préfères dans ces 3 villes ?

Barcelone, c’est la plage à 40 minutes en vélo. Je suis installée à Barcelone surtout pour le temps qu’il fait, pour mes amis. New-York c’est l’endroit où on a tout sous la main. Et Paris c’est juste beau, surtout au printemps et en été. Quand tu viens ici ça fait rêver.

On t’envoie dans l’espace, qu’aimerais-tu y découvrir ?

J’aimerais découvrir ce qui se passe sur la lune de Jupiter qui s’appelle Europe. Apparemment il y a de l’eau là-bas.

Quelle est la chose la plus folle que tu aies faite ?

Quand j’avais 19 ans j’étais convaincue que le monde allait s’arrêter en 2012 et donc j’ai dit : à partir d’aujourd’hui je vais juste faire des choses que j’aime. Et ça a changé mon attitude au monde, au final on n’a pas eu la fin du monde, mais j’ai créé cette réalité qui est de faire ce que je veux dans la vie.

Pour en revenir à la musique, quels sont tes projets à venir ?

Je suis le 22 juin en concert à Paris. Le 25 ou le 26 juin, on va jouer en Allemagne. Et surtout continuer de travailler le live.

Merci beaucoup Maïa de nous avoir fait voyager quelques instants dans ton univers.

Retrouvez toute son actualité sur maïavidal.com

 

Interview : Isabelle Grand-Dufay

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