Dominique A, le grand artiste qu’on ne présente plus


Fnac Live - Day 3 *
Fnac Live – Day 3 *

Crédit photo :Christophe Crénel

Mamusicale a eu le grand honneur de rencontrer Dominique A lors du festival Fnac Live à Paris, quelques heures avant son concert.

Bonjour Dominique, merci de nous recevoir dans cette effervescence du Fnac Live.

Bonjour

Tu es au Fnac Live pour la 2ème fois, le choix des chansons est-il difficile pour un festival et y a-t-il une stratégie particulière ?

C’est un peu la stratégie boum boum (rires). Il faut faire les trucs les plus efficaces. Quand tu joues en festival pendant 50 minutes en plein jour face à des gens qui ne te connaissent pas, on ne va pas commencer à jouer des faces B ou des choses confidentielles que seuls 3 fans vont réclamer. C’est compliqué le live plein air, ce n’est pas quelque chose auquel je suis aguerri. On prend les morceaux les plus efficaces puis on les assemble. En 50 minutes, il faut tenir l’attention des gens, il faut qu’il y ait du rythme. On ne change rien musicalement par rapport à un concert de durée normale, on prend juste les moments clés.

Qu’est-ce qui te plait dans ce festival du Fnac Live ?

Le cadre et la programmation qui sont très bons et tout ça dans une super ambiance. Tous les atouts sont réunis, ce n’est pas de la langue de bois, car j’ai fait d’autres festivals cet été et je n’ai pas pensé ça une seconde.

eleor-dominique a (c) richard dumasPour en revenir à ton actualité, tu viens de sortir ton disque « Eleor » qui a fait l’unanimité. Es-tu aussi fier que la presse de cet album ?

Bien sûr et même plus fier, je ne vais pas demander aux autres d’être fier pour moi (rires). J’en suis très heureux et sa réception m’a comblé. Le fait qu’il s’adresse à plus de gens que d’habitude et que le message que j’ai voulu faire passer est bien passé, même si je n’ai jamais eu la sensation d’être incompris lorsque je sors un disque, mais c’est vrai que là il y a une rencontre entre les attentes d’un public, et mes désirs à moi d’aller vers les gens. Je pense que c’est l’album le plus évident que je peux faire dans l’état actuel de mes capacités et de mes envies. Je ne peux pas aller plus loin dans la clarté, dans l’évidence. Que ce soit reçu de cette façon-là me conforte dans ma démarche.

Ta victoire de la musique en 2013 te permet-elle de te relâcher, c’est-à-dire avoir moins de pression ?

Oui parce que c’est un appui. Quand on n’est pas un gros vendeur de disque et qu’on est là depuis des années, au-delà de moi, c’est aussi une équipe. Ca me rassure et ça rassure aussi les gens qui bossent pour moi depuis longtemps, que ce soit dans la maison de disque, que ce soit le management. Du coup ça donne une assise pour défendre d’autres projets et d’autres envies de disque. Il y a une confiance supplémentaire, sans dire qu’avant on ne me faisait pas confiance, mais il y maintenant quelque chose de acté, ma présence sur la scène musicale française n’est plus remise en cause on va dire. Ce n’est pas qu’elle l’était mais il peut y avoir des moments de lassitude si on sent que les choses ne bougent pas, si on sent qu’on touche un public très restreint. Là on a eu la sensation avec cette victoire et avec la réception de l’album précédent déjà, qu’un pas était franchi et qu’un nouveau public était là et ce sont des raisons d’être plus serein, sachant que ce n’est pas mon 1er disque et que je n’ai pas lieu d’être inquiet. Je n’ai pas la pression du 2ème album par exemple.

Tu as écrit pour d’autres comme Etienne Daho, Calogero, ou Julien Doré, est-ce plus difficile d’écrire pour soi ou pour les autres ?

C’est relativement plus facile d’écrire pour les autres parce que je ne me pose pas la question de savoir s’ils ont déjà chanté ça ou s’ils ont déjà dit les choses de cette façon-là. Ca me met dans une situation de nouveauté parce que je vais penser à la voix d’un interprète, je vais tenir compte de ce qu’il me demande, de ses désirs, des thèmes qu’il veut chanter. Et je vais aussi d’une certaine façon me plonger dans son histoire, pas en réécoutant l’intégral, mais en ayant en tête certaines de ses chansons que j’aime. Je ne vais pas être le porteur de la chanson, qui quelquefois peut être juste un texte, donc c’est déresponsabilisant. La seule responsabilité que j’ai c’est de remettre quelque chose qui soit digne et que la personne ait envie de chanter, mais une fois que c’est accepté, mon travail est fini et c’est bien plaisant aussi. Quand on fait une chanson pour soi, idéalement on aimerait qu’elle nous accompagne toutes notre vie ou du moins sur les années en tout cas, et bien sûr il y a plein de chansons dont on se détache car on se dit que ce n’est pas aussi bien que çà. Ce n’est pas le même rapport lorsqu’on écrit pour d’autres, si la chanson est prise il y a un réel sentiment de satisfaction d’avoir fait son travail et sans se poser la question de « est-ce que je l’ai déjà chanté ?, qu’elle histoire va avoir cette chanson-là ?, comment on va la jouer sur scène ?, parce que quelquefois il y a de belles chansons qui semblent se détacher du lot et on n’arrive pas à les jouer sur scène parce qu’elles ont une dynamique particulière. On a eu ça longtemps avec une chanson qu’on joue ce soir qui s’appelle Immortelle et qui pour moi est une des meilleures que j’ai écrite, mais j’ai mis très longtemps avant d’arriver à la jouer sur scène parce que on ne trouvait pas le « truc ». Ça n’arrive pas quand vous confiez une chanson à quelqu’un.

En plus des nombreux disques que tu as faits, tu as aussi écrit 2 bouquins et un film est sorti sur toi récemment, penses-tu que les artistes d’aujourd’hui ont besoin de se diversifier pour mieux exister ?

Je crois oui. Ils ont tout intérêt à le faire et puis c’est bien. Je rencontre beaucoup de gens qui vont sur différents terrains, même des artistes qui sont auteur compositeur interprète et qui finalement vont gagner leur vie avec un truc annexe, soit l’écriture pour les autres, soit des cinés concerts ou encore jouer de la musique dans des spectacles de théâtre. C’est une façon comme une autre de gagner sa vie et c’est aussi une possibilité d’injecter le fruit de ces expériences-là dans sa musique après. Pour moi ce qui m’intéresse avant tout c’est l’écriture au sens large et je n’ai pas envie de faire tout. On m’a proposé différentes choses et plus récemment de faire l’acteur, mais a priori non. Je n’ai pas une boulimie d’aller sur tous les terrains et il ne faut pas que ça soit une dispersion.

Si tu croisais le jeune Dominique A maintenant, que lui dirais-tu ?

Vas te coucher (rires). Je lui dirai « tu ne vas pas t’en tirer comme ça » (rires)

Merci Dominique de cet agréable moment passé en ta compagnie et on te retrouve tout à l’heure sur scène.

Merci à toi

Retrouvez toute son actualité sur dominiquea.com

interview : Isabelle Grand-Dufay

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