Vendredi 13 Novembre 2015 : l’amertume d’une génération


Pour Mamusicale, cet exercice est plutôt inédit et nous aurions de loin, préféré ne jamais nous y prêter. Nous tenons à exprimer et marquer notre solidarité, notre compassion aux familles et proches des victimes des attentats parisiens de ce 13 novembre.

Notre indignation aussi, notre stupéfaction et notre peine.

Nous ne placerons pas cette réflexion sur le terrain de la polémique, ni de l’analyse politique et encore moins du confessionnalisme. D’autres s’en chargeront et le feront mieux que nous.

Mais nous nous sentons solidaires et meurtris par des actes et une idéologie que nous rejetons viscéralement, en opposition violente avec les aspirations et les modèles d’une jeunesse dont les valeurs reposent pour beaucoup sur la spontanéité, la tolérance, la passion, et la créativité. Des valeurs situées aux antipodes des visions étroites, radicales, frustrées et haineuses de ses bourreaux.

Nous sommes solidaires également, parce que nous nous reconnaissons dans les valeurs de partage portée par cette génération.

Une génération pourtant peu optimiste, qui se définit elle-même souvent comme sacrifiée ou encore perdue et s’interroge sur un avenir jugé plutôt sombre. Avoir vingt ans n’est plus le bel âge de la vie, et pour beaucoup le parcours reflète déjà les effets de la crise économique, les galères du quotidien, la précarité et l’enchainement des jobs incertains ou des stages.

Aussi les valeurs de partage et de solidarité (à l’image des plateformes de financement participatif par internet), qui animent cette génération forcent l’admiration et ne sont pas fortuites. Elles deviennent dans ce contexte symboliques et impliquent un effort permanent, une vigilance quotidienne pour combattre l’égoïsme et résister à la tentation de la pensée unique. Il faut commencer par s’accepter soi-même pour s’ouvrir aux autres et bâtir des projets où chaque acteur trouve sa place et la liberté de s’exprimer.

drapeau françaisMamusicale respecte ces valeurs et ne poursuit pas d’autre ambition, lorsqu’elle contribue au fil de ses chroniques, à vous faire partager ses émotions, ses « coups de cœur » ou découvrir les talents qu’elle perçoit.

La scène musicale ne fonctionne pas différemment. Chaque aventure musicale porte un projet généreux et une finalité, monter sur scène pour accroître sa visibilité et accéder à la notoriété.

Le monde de la musique est atteint dans son intégralité et porte le deuil de son public, de ses salariés aussi, « captifs » et garants du bon déroulement des spectacles, les personnels du son, de l’image, médias et producteurs.

Les salles de spectacles ont vite assumé un rôle déterminant, un rôle charnière, en donnant l’opportunité aux formations de se produire et de se tester. Ce sont aujourd’hui, ces lieux de rencontres festifs, de découvertes privilégiées entre public et musiciens qui ont été choisis.

Le choix du Bataclan ne relève pas du hasard. Cette salle mythique, a accueilli des concerts et enregistrements historiques, Lou Reed, Jeff Buckley, Oasis, Alan Stivell et pour l’anecdote, Buffalo Bill en 1905… Mais ces attentats auraient pu frapper et s’adresser à la Cigale, l’Olympia, Bercy, La Maroquinerie, le Zèbre, le Café de la Danse… Aucune salle de concert n’est à l’abri, ce sont toutes des Bataclan !

Le milieu musical, fragilisé par la crise économique et l’irruption mal maîtrisée des nouvelles technologies, est un malade en longue convalescence, écartelé entre vitalité, prudence et attentisme, à la recherche de son nouveau modèle économique.

La désaffection du public lui porterait le coup fatal en désespérant les jeunes auteurs, compositeurs, interprètes définitivement privés de perspectives.

Si une génération se définit toujours par l’appartenance à une époque similaire ou par son rattachement à des évènements extraordinaires, alors nul doute, les attentats de janvier et de novembre auront favorisé l’émergence d’une nouvelle génération : la génération Charlie et celle du Bataclan.

Et s’il existe bien une certitude qu’il faut porter et répéter inlassablement pour l’opposer à toutes les formes de dogmatisme et de violence, c’est que les épreuves unissent et ne divisent pas, tout comme la souffrance n’isole pas ceux qui en sont victime.

Bien au contraire elles les font grandir et avancer pour revenir vers ce que l’humanité porte de meilleur en elle : sa capacité de compréhension, d’ouverture d’esprit, son rejet des discriminations et surtout sa volonté unique de se dépasser, en surmontant l’idolâtrie et le fanatisme pour permettre à la vie et à l’être humain de s’élever au-dessus de tous les sectarismes.

Fraternellement,

L’équipe Mamusicale

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2 réflexions au sujet de « Vendredi 13 Novembre 2015 : l’amertume d’une génération »

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