LADYLIKE LILY, UNE ARTISTE ENVOUTANTE


LADYLIKE LILY © Elise Pezzin & Yoann Buffeteau

© Elise Pezzin & Yoann Buffeteau

Bonjour Ladylike Lily et merci de nous recevoir

Bonjour Mamusicale

Pourquoi ce nom de Ladylike Lily ?

C’est une vieille histoire mais tout simplement parce que je n’avais pas envie de me présenter sous mon vrai nom. Juste l’idée de faire de la scène toute seule me paraissait déjà très compliquée et très angoissante et il fallait que je me protège. J’écoutais en parallèle beaucoup de groupes avec des pseudonymes. J’ai écrit 1 ou 2 chansons pour l’album Ladylike Lily et à la fin d’un des titres je dis Ladylike Lily et je me suis dit c’est ce nom là qu’il me faut. Et j’aime beaucoup ce côté enveloppant dans la sonorité qui me correspond tout à fait.


Tu as sorti ton nouvel EP le 27 mai, comment décrirais-tu son ambiance ?

C’est un disque très pop. J’ai du mal à définir son univers, je laisse le soin aux gens de le faire, car en effet on ne se voit pas de la même manière que les gens nous voient. Et on n’a pas le même recul. Mais je dirais que ça parle beaucoup de l’humain.

Ce disque est totalement en français, contrairement aux précédents, cela a-t-il été plus difficile pour toi d’écrire en français ?

Non pas du tout, c’était un besoin vital. C’est arrivé à un moment où il était indispensable de sortir des choses très personnelles, j’ai commencé en anglais mais ça ne m’a pas plu du tout. J’ai voulu épurer et me mettre un peu à nu,  j’ai tenté sur un morceau, ça m’a fait beaucoup de bien et par la suite ça m’a beaucoup amusé car la voix était complètement différente. Je me suis dit que je pouvais explorer plein de nouvelles choses musicalement et c’était un second souffle de découvrir ce nouvel instrument qu’est la voix en français.

Comment se passent les compositions ?

Ca dépend, parfois j’ai quelque chose très précis dans la tête et parfois j’entends une musique, j’arrête tout et j’enregistre. La plupart du temps je suis au piano et ça arrive par accident car le piano n’est pas mon instrument de prédilection, je suis guitariste à la base, et comme je m’amuse avec des instruments qui ne sont pas les miens, l’accident arrive plus facilement et dès qu’il y a quelque chose qui me plait ça appelle autre chose.

Quels sont les musiciens qui ont travaillé avec toi sur ce projet ?

On était nombreux mais ce n’était pas prévu comme ça à la base. Je suis originaire de Rennes et j’ai commencé à être en formation au studio des variétés en cours de chant et j’en ai profité aussi pour voir Benoit Guivarch qui est un musicien avec qui on a fait de la musique de pub à plusieurs reprises et de cette collaboration est née l’envie de lui proposer de faire le disque avec moi. Il m’a suggéré quelques arrangements mais il a surtout tout enregistré et m’a présenté Antoine Kerninon, qui est batteur et ce fût une très belle rencontre humaine. J’ai fait relire entre guillemet le disque pour la prod et pour le mix par Corentin Ollivier, qui fait beaucoup de musique à côté et qui vient de l’électro, et il a fait une relecture électro du disque et comme j’en avais très envie, c’est bien tombée. Et pour la première fois, je lui ai laissé carte blanche, car je n’avais jamais procédé comme ça avant, c’était très nouveau et ça c’est bien passé.

13310479_1155191711187357_5430930570339585698_nSur la pochette de cet EP il y a 3 mains, qu’est-ce cela signifie ?

Ça veut dire beaucoup de chose. Les morceaux sont très intimes et je n’avais pas envie de m’afficher. J’ai fait des séances photos avec mon ancienne coloc dans une chambre, pas du tout de manière professionnelle mais de façon très improvisée et j’aime bien car je suis un peu cachée sans l’être complètement, il y a du mouvement sur cette pochette, les proportions ne sont pas forcément les bonnes. Je suis très fan d’imagerie religieuse, des triptyques, et cette 3ème main symbolise l’arrivée d’un bonheur qui est entrée dans ma vie à la fin du disque avec  la chanson « mirage » que je n’avais pas prévu de mettre dans cet EP, et tout ça était très cohérent. La pochette est très lumineuse et très colorée. Et quand j’ai vu le travail du graphiste j’étais complètement emballée.

Comment s’est passée ta rencontre avec Miossec ?

C’était un peu la pression car les gens qui écoutent Miossec sont des gens qui aiment la belle chanson et les beaux textes. On a fait une 1ère date en Belgique et Christophe m’a dit c’est super cohérent par rapport à ce que tu as fait avant et il m’a dit « on sent que tu ne t’es pas mise à écrire en français avec un flingue sur la tempe et que tu avais besoin de ça ». Il était trop content de me filer un coup de main et tous les soirs des concerts il avait toujours un mot par rapport à la 1ère partie, chose que les têtes d’affiche ne font pas systématiquement, en général on se croise à peine. Là c’était clairement hyper soudé. C’est comme si il avait validé les morceaux et ça m’a fait du bien et surtout qu’il me permette de les jouer en live avant la sortie du disque. Ça m’a d’ailleurs permis de rectifier certaines choses sur des morceaux.

Tu as réalisé le lyrics vidéo « dans la matière » et tu as collaboré à la pochette de ton disque « Blueland », penses-tu que les artistes doivent plus se diversifier comme tu le fais ou est-ce simplement une envie particulière ?

Depuis le début j’aime bien toucher à tout, les beaux-arts m’intéressent. J’étais animatrice en atelier arts plastiques avec les enfants avant Ladylike Lily. J’aime beaucoup cette aspect-là, j’aime beaucoup la photo, la vidéo, et dès que j’ai l’occasion de le faire j’en profite. Je me forme petit à petit sur les logiciels de montage. Maintenant la manière de faire de la musique a changé, comme les financements, les artistes sont plus ou moins obligés d’être « couteau suisse » et de faire un minimum de chose. Et c’est aussi peut-être la génération qui veut ça. Il faut qu’on prenne les choses en main, il y a tellement de propositions musicales qui sortent toutes les semaines, il faut faire en sorte que les gens viennent à nous. Et le bon côté de tout ça c’est que c’est super formateur.

Tu as écouté beaucoup de musique celtique de par ta maman et tes origines bretonnes, envisages-tu un jour de faire un album complètement celtique ?

Pas trop car je n’ai pas assez la connaissance du folklorique, ça m’intéresse mais j’aurais l’impression de piller un petit peu quelque chose de préexistant, mais je sais que les gammes celtiques ont vraiment pris le pas sur tout ce que j’écris et je n’arrive pas à m’en défaire. J’en ai parlé avec ma prof de chant qui me dit, dès que tu chantes il y a un truc un peu magique dans les sonorités. Ayant entendu ça toute mon enfance, l’oreille a été formée comme ça, et très probablement je continuerai à écrire de cette manière-là.

Tu as dit un jour que tu adorais la poétesse Emily Dickinson, et si je te dis que Mylène Farmer adore aussi cette poétesse, qu’est-ce que ça t’inspire ?

Sérieux (rires) ? C’est rigolo parce que, allez scoop ! la seule reprise que je vais faire pour cette tournée là c’est une reprise de Mylène Farmer. J’en ai entendu un peu car ma sœur écoutait beaucoup mais je n’ai pas trop suivi sa carrière. Elle a quelque chose de très poétique dans son imagerie, dans son écriture.

Quel est ton coup de cœur du moment ?

On va dire que c’est de la promo en interne, mais j’adore l’EP de Corentin qui vient de sortir, il est super talentueux avec une très belle voix. Son projet s’appelle Faroe et jusqu’à maintenant il était musicien sur d’autres projets comme Concrete Knives  ou Samba De La Muerte. Il a fait beaucoup de scène, c’est la 1ère fois qu’il se met en lumière et c’est une pépite. Je trouve ça fou que pour l’instant personne n’en parle car pour moi c’est une évidence.

Y a-t-il une chanson dans ton répertoire que tu aimes particulièrement jouer sur scène ?

Ce sont tous mes bébés donc c’est très difficile de choisir. En ce moment on a revisité « les roches du diable », je suis à l’électrique et techniquement je la trouve hyper agréable à jouer et au niveau de l’émotion ça dépend vraiment du public. C’est difficile d’anticiper ce genre de chose. Parfois on se laisse submerger par l’émotion du moment. J’aime terminer par « I’m Terrified of Being » avec guitare voix en solo. Et je me rends compte que certaines ont un impact systématique sur les gens en live. Le morceau « Private light » justement, qui parle de ma sœur, si les gens discutaient entre eux, je sens que tout s’arrête et que le public rentre dans le concert à ce moment-là et du coup je ne la chante pas trop tard. Sinon tous les titres en français interpellent les gens.


LADYLIKE LILY 1 © Julien Mignot

© Julien Mignot

Avec quel artiste français aimerais-tu travailler ?

Travailler je ne sais pas car on ne sait pas à l’avance si les sensibilités sont compatibles. Il y a des gens à travers qui je me reconnais dans l’écriture, dans la démarche, je pense à des personnes comme Emilie Loiseau, Camille, j’aime énormément le travail de Dominique A. J’aimerais travailler avec Miossec c’est certain. J’aime beaucoup aussi Adrien Daucé,  son projet s’appelle AuDen. Il prépare un album et je pense que je vais l’inviter sur le prochain album car c’est un ami et j’ai envie qu’on fasse des choses ensembles. Aimer la musique de quelqu’un ne veut pas forcément dire qu’on va s’entendre humainement et musicalement. Il y a des gens dont j’aime énormément la musique mais qui inversement n’aime pas du tout la mienne. C’est très vexant au début, l’égo en prend un sacré coup mais en fait je comprends car inversement c’est déjà arrivé.

Lors d’un concert tu as demandé au public de se retourner pour la 1ère chanson car tu avais énormément le trac, as-tu eu un autre moment aussi fort par la suite ?

Il y en a eu pas mal mais pas aussi fort. Ce concert là je tremblais comme une feuille et je me disais que je n’y arriverai jamais. Il y a des moments aussi où je quitte la scène et je viens chanter au milieu du public et j’ai toujours bien aimé ces moments-là. Je continue parfois à le faire. J’aime être attentive à ce qui se passe lors d’un live. J’aime sortir du confort car ce n’est pas intéressant de suivre à la lettre le schéma du concert ça voudrait dire que le concert que tu vois le jour J sera exactement le même quand tu y retourneras dans un mois et moi je ne vais pas voir un concert pour ça.

Tu vas faire les vieilles charrues en juillet, comment appréhendes-tu l’évènement ?

J’ai trop hâte, ce sera la 3ème fois. Je suis allée à ce festival pour la première fois j’avais 15 ans. C’est un rêve de gosse de jouer là-bas. Ça a un côté Wood stocks. Ils sont à nos côtés, ils nous accompagnent, donc on est serein. Je sais que ça va être 4 jours intensifs car je vais faire beaucoup de promo. L’année où j’y avais joué, j’avais fait 20 interviews dans la journée, plus des sessions acoustiques. Il y a eu un avant et un après vieilles charrues. Ce qui m’importe c’est de prendre un maximum de plaisir. Et il va y avoir une captation du concert qui sera filmé par Arte Live Web.

Quelle est ton actualité à venir ?

Je pars en tournée à l’automne. J’ai commencé à écrire et composer pour le prochain album et on réfléchit à un prochain clip.

As-tu une phobie ?

En fait j’en ai 2. J’ai peur des frelons. Je crois que c’est le bruit qui me fait peur. Et paradoxalement je me suis installée récemment à Fontainebleau au milieu de la forêt. Et j’ai très peur de l’avion, pourtant mon père est pilote. A chaque fois je suis persuadée que je vais mourir. Du coup ce n’est pas très pratique de s’imaginer faire 12 heures d’avion pour aller jouer quelque part.

Quels sont les 3 CD que tu emmènerais sur une île déserte ?

Il y en aurait certainement 2 de Beach House. Le dernier « Thank Your Lucky Stars » et celui d’avant « Bloom » et puis peut-être un Joanna Newsom.

Merci beaucoup Ladilyke Lily et on te retrouve le 15 juin en concert chez Madame Arthur à ParisRetrouvez toute son actualité sur ladylikelily.com

 

Interview : Isabelle Grand-Dufay

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s